Que retenir de la première interview du président Trump?

14 novembre 2016, Harold Mallèvre

Ce dimanche soir s’est tenu la première interview de Donald Trump depuis son élection au poste de président des Etats Unis le 8 novembre. Accompagné de sa femme et de ses quatre enfants, il a clarifié sa position sur un certain nombre de sujets au micro de Leslie Stahl pour l’émission 60 minutes. Découvrez dans cet article les plus importants points à retenir de cette allocution.

Que retenir de la première interview du président Trump ?

Le mur et l’immigration

Trump a confirmé son intention de construire un mur à la frontière entre les USA et le Mexique. Il a toutefois précisé sa position, concédant que certains endroits du mur pourraient seulement être équipés d’une clôture.

Sur sa promesse de campagne de renvoyer chez eux quelques 11 millions d’immigrés illégaux, Trump a légèrement temporisé sa position. Il ne parle désormais que d’expulser ou d’emprisonner les immigrés illégaux ayant un casier judiciaire, un nombre qu’il estime entre deux et trois millions. Il n’exclut toutefois pas d’aller plus loin et s’est contenté de déclarer que « une fois que la frontière sera sécurisée et que la situation se normalise, nous déterminerons quoi faire ».

Obamacare

Trump avait promis au cours de sa campagne de se débarrasser d’Obamacare, la nouvelle assurance sociale universelle mise en place par l’administration Obama. Là encore, l’interview fut l’occasion pour le nouveau président de temporiser sa position. Si il compte toujours se débarrasser d’Obamacare, il décide de ne revenir que partiellement dessus et d’en conserver deux éléments : le droit pour les jeunes adultes d’être assurés par la police de leurs parents ainsi que de permettre à ceux ayant des problème de santé préexistants d’obtenir une assurance.

Le mariage gay et l’avortement

Que retenir de la première interview du président Trump ?

Sur la question du mariage gay, Trump a déclaré qu’il ne comptait pas revenir sur la question, déjà tranchée par la cour suprême sous l’administration Obama.

En revanche, sa position sur l’avortement est différente et Trump a annoncé son intention de renverser la décision de 1973 Roe v. Wade qui a entérinée l’avortement comme un droit constitutionnel fondamental. Trump a ainsi rappelé qu’il est « pro-life » et qu’il compte nominer des juges à la cour suprême qui le sont également. Il souhaite ainsi que la décision d’autoriser ou non l’avortement soit désormais du ressort des États. Lorsque interrogé sur la possibilité que certains États décident d’interdire purement et simplement l’avortement il répond « Eh bien, peut-être devront-elles (les femmes) aller dans un autre État ».

Hillary Clinton

La campagne présidentielle américaine s’est déroulée dans un climat assez tendu et chacun se rappelle des accusations portées par Donald Trump à l’égard d’Hillary Clinton et son intention de l’envoyer en prison. Il lui reproche notamment sa négligence dans « l’affaire des e mails » mais aussi de possible conflits d’intérêts et/ou malversations liées à sa fonction et la fondation Clinton.

Interrogé sur le fait de savoir s’il donnera suite à ses menaces d’appointer un procureur spécial pour traiter du cas Clinton, Trump a choisi de rester évasif, insistant sur le fait qu’il est « une personne sobre » et qu’il donne la priorité à des sujets comme l’assurance maladie, la réforme des impôts et l’immigration avant de déclarer « je vais y réfléchir (…) je ne veux pas les blesser. Ce sont de bonnes personnes ».

Sujets variés

Sur le sujet d’ISIS, Trump n’a pas souhaité répondre aux questions de la journaliste, déclarant ne pas vouloir dévoiler sa stratégie.

On apprend également qu’il se dit surpris de l’attitude, proche du harcèlement selon certains médias, que certains de ses supporters auraient eu à l’égard de manifestants pro-Clinton et qu’il appelle à arrêter, mettant en avant le fait qu’il souhaite « ramener l’unité dans ce pays ». Enfin, il renonce comme promis à ses $ 400 000 d’indemnités annuelles et ne sera donc payé que $ 1, le minimum légal.

Cette interview fut donc l’occasion pour Trump d’en dévoiler un peu plus sur les taches que son administration entend entreprendre et de relativiser ses promesses de campagnes, parfois excessives.

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