Thomas expatrié français à Sydney – Vivre à Sydney

6 décembre 2018, Hugo Doussot

Déménager à Sydney fait rêver beaucoup d’Européens, par la qualité de vie que l’Australie peut offrir. Sydney jouit d’atouts incontestables : des opportunités professionnelles, un fort multiculturalisme, climat très agréable, des paysages à couper le souffle, un mode de vie dynamique les pieds dans l’eau, Sydney ne manque pas d’arguments. Thomas un expatrié Français à Sydney a souhaité partager son expérience pour vous aider dans vos futur projets d’expatriation à Sydney.

1) Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Thomas, breton, 35 ans, architecte, je suis parti pour un an en Australie et j’y suis finalement tombé amoureux. Du pays, d’abord, des opportunités qu’il offre, et d’une Taïwanaise avec qui les aventures sont maintenant partagées, et nous avons été rejoints par un petit bonhomme fin 2017.

2) Quelles sont les raisons de votre expatriation ?

Après 10 ans d’expérience en France dans une agence d’architectes à Toulouse, j’ai eu l’impression de plafonner un peu, professionnellement et personnellement. Je me suis donc fixé un challenge consistant à partir seul à l’autre bout du monde. Climat, longue distance, qualité de vie, paysages, mer, l’Australie cochait toutes les cases. Voilà pourquoi mi-2015, je m’y suis rendu dans le cadre d’une année sabbatique. Année qui s’est depuis transformée en expatriation à Sydney à long terme.

3) Comment votre expatriation s’est-elle déroulée ? Avez-vous rencontré des difficultés ?

Non, l’administration australienne est du genre simple, et dans la mesure où j’avais laissé en France la grande majorité des choses matérielles, cela libère quelque peu l’esprit. Je suis plutôt flexible dans mon style de vie : à partir du moment où il y a un peu de choix pour manger, de jolis endroits pour les photos et des gens sympas et ouverts, ça me va ; du coup, l’adaptation à l’Australie s’est faite sans problème.

L’intégration (comprise au sens social) n’a en revanche pas été aussi rapide : il est assez facile de rencontrer du monde, même de se faire des connaissances, voire des amis après quelques mois. Mais en Australie malheureusement, beaucoup de gens ne restent que quelques mois, sinon moins, au même endroit.

4) Comment avez-vous trouvé un emploi ? Avant ou après votre départ ?

Tout c’est déroulé après mon départ. Il aurait été possible de trouver avant mais ce n’était pas mon objectif, car j’ai commencé par 3 mois de cours d’anglais, en tant que garçon au pair ! Je n’ai cherché du travail qu’après cette période.
D’une manière générale, le marché est plutôt dynamique en Australie, mais avec des variations régionales importantes. Lorsque j’ai cherché du travail pour la première fois, Sydney était de loin la ville la plus attractive, suivie de près par Melbourne. Brisbane, où nous vivions à l’époque, était plus calme : je passais généralement mes journées à répondre à des offres. Parfois, j’allais déposer mon portfolio en personne. Tout cela pour obtenir un seul entretien après plusieurs semaines de recherche, un peu frustrantes !
Puis un jour, un cabinet de recrutement m’a répondu. J’ai passé un entretien par Skype et quelques jours plus tard, je recevais trois propositions d’entretiens sur Sydney. J’ai donc pris l’avion, réservé une chambre et passé les entretiens. À la fin de la journée j’avais trois offres d’emploi !

5) Est-il facile de trouver un logement ? Comment se porte le marché de l’immobilier à Sydney ?

De ce point de vue, Sydney n’est pas des plus sympathiques : les logements décents sont chers, voire très chers si vous ne voulez pas de colocation. Pour vous donner une idée : les loyers en Australie s’affichent a la semaine, et les montants sont similaires à ceux affichés en France par mois. Mieux vaut être très réactif si vous voyez une chambre qui vous semble acceptable ! En faisant attention aux arnaques bien sûr : comme partout, des gens mal intentionnés abusent d’étrangers en situation de stress.
Le bon côté des choses, néanmoins, est l’incroyable simplicité des démarches : pas besoin de garant, de références, de CDI ou autres; à partir du moment où vous présentez correctement et où vous payez la caution et les semaines de loyer en avance comme convenu, il n’y aura pas de problème.

6) Comment avez-vous appréhendé la langue ?

J’avais suivi trois mois de cours d’anglais en arrivant ici. Une manière de se remettre en selle, car Game of Thrones en version originale n’était pas vraiment suffisant comme entraînement.
Le maître mot reste de se jeter à l’eau, et de pratiquer ! Pratiquer, se tromper, et encore pratiquer. De plus bonne nouvelle : le pays est véritablement porté sur l’international. Donc personne ne se plaindra si vous ne connaissez pas certains mots ou si votre accent n’est pas parfait. En l’espèce, l’accent français est même un bonus : beaucoup d’anglophones le trouvent mignon.

7) La santé est-elle facilement accessible ?

De ce point de vue, l’Australie est un pays anglo-saxon (c’est-à-dire que le système de santé est de qualité mais très cher et en grande majorité privé) avec un soupçon de socialisme (Medicare, un équivalent de notre Sécurité Sociale, qui couvre les besoins basiques, hors spécialistes, à 100%). Une simple carie à traiter peut coûter plusieurs centaines de dollars, une couronne ira même chercher un zéro de plus !

On a pu tester tout ça à diverses reprises, pour de la “bobologie” et aussi pour le circuit menant à l’accouchement : pendant les 2 premières années nous avions un visa temporaire, et donc une assurance privée (plus ou moins équivalent de nos mutuelles) qui couvrait les frais médicaux à hauteur d’un certain pourcentage. Depuis que nous avons une résidence Permanente, nous sommes inscrits à Medicare, et avons conservé une assurance privée complémentaire pour les frais de spécialistes. Ainsi, le docteur généraliste ainsi que le parcours prénatal est pris en charge à 100%, les lunettes sont aussi remboursées et une petite partie des frais dentaires. En résumé, si vous avez de bonnes dents, le système est acceptable pour un pays anglo-saxon !

8) Le coût de la vie à Sydney est-il important ?

Comparée à la Bretagne ou au Sud-Ouest (c’est sans doute différent si on compare avec Paris), l’Australie est chère notamment Sydney surtout pour le logement. Pour le reste, il y est souvent possible de moyenner : certains jours, certaines heures, certains endroits. Tout particulièrement pour la nourriture, Sydney dispose de pas mal de marchés alimentés par les producteurs locaux. Gumtree (le site internet local pour Le Bon Coin) est également une véritable mine de bonnes occasions, car comme je le disais précédemment, ici beaucoup de gens arrivent, passent quelques mois ou années, puis repartent.
Les salaires sont également plus élevés qu’en France, et ce dans de nombreux domaines, donc mis l’un dans l’autre, il est possible de s’en sortir sans problème.

9) Les Australiens vous ont-ils bien accueilli ?

Alors, il n’est pas facile de rencontrer de véritables locaux en Australie sans rentrer dans les débats relatifs à la colonisation, plaie toujours ouverte du continent. Cependant, la grande majorité de ceux à qui j’ai eu affaire (ma famille d’accueil quand j’étais garçon au pair ; le patron qui m’a offert un job de nettoyeur après cette période, etc) ont été très accueillant !

10) Qu’est-ce qui vous a marqué dans ce changement de vie et lors de votre arrivée ?

Clairement, le fait de passer d’une activité professionnelle très intense à une vie étudiante. Mais ce statut n’a été que provisoire, 6 mois plus tard je reprenais déjà une vie professionnelle, quoique notablement moins intense. Et entretemps tout a changé : on est maintenant 2 à partager l’aventure, plus un petit bout d’homme qui prend une place monstre. Les changements ne sont donc pas directement liés au pays, plutôt à ce qui s’y est passé.
En dehors de ça, l’Australie est très similaire à l’Europe occidentale et il n’est pas difficile d’y retrouver ses repères !

11) Quels conseils donneriez-vous à un futur expatrié ?

Tout d’abord, ne pas partir sur un coup de tête, car l’Australie est un pays cher : renseignez-vous, réfléchissez et préparez. Mais pas trop non plus ! Au bout d’un moment, il ne faut pas trop lire ou écouter les autres, il faut prendre une décision, foncer et vivre l’expérience par vous-même. Après tout, le seul vrai risque est de contracter une addiction au voyage et à la découverte. Et pour cela il n’y a malheureusement qu’un seul remède : continuer.

Ensuite : évitez les Français ! Curieux conseil, non ? Ce n’est pas si facile, mais ça vaut le coup : les progrès en anglais et l’immersion sont bien meilleurs. Bien entendu, pas la peine d’être extrémiste, d’autant que certains français sont volontaires pour converser 100% en anglais (ça sonne très bizarre, je vous l’accorde…), et parfois on se sent nostalgique de la langue maternelle. Conseil corolaire : allez vers les autres ! Ça c’est assez facile si l’on voyage seul, peut-être moins si l’on voyage en groupe, mais c’est la condition nécessaire non seulement pour rencontrer du monde, mais aussi connaitre les bons tuyaux, les meilleurs spots, les bonnes heures pour aller à tel ou tel endroit, etc. Ici comme partout, le Lonely Planet ne remplace pas les locaux.
Enfin, gardez une généreuse place pour l’inattendu : il y a de grandes chances que les choses ne se passent pas (du tout) comme prévu.

12) Comptez-vous revenir en France ?

Bonne question, on n’est pas certain de rester en Australie mais pas sur non plus sûrs de rentrer dans l’un de nos pays. Une option est de travailler dans un autre pays tel que Singapour, mais à voir dans quelques années.

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