[Interview] La vie d’une étudiante française au Japon

5 décembre 2016, Marion Pinet

Je m’appelle Marion, j’ai 21 ans et je suis actuellement étudiante en Ecole de Commerce International en France. J’ai déjà plusieurs voyages à mon actif, que ce soit en tant que touriste, ou pour mes études. En Chine, sac sur le dos à vadrouiller pendant un mois et faire dans un même temps des rencontres professionnelles, en Espagne pour un stage de 6 mois, ou encore, prendre des cours d’anglais à Londres pendant un mois. Et cette année, je réalise un échange universitaire au Japon pour une durée d’un an !

Une étudiante française au Japon

Pourquoi le Japon ?

J’ai toujours rêvé depuis que je suis toute jeune d’aller au Japon. « Maman, à 18 ans j’irai vivre un an au Japon ». Cela m’a paru être un pays fascinant, et tellement différent d’un point de vue culturel et je confirme, ça l’est ! La langue japonaise difficile soit-elle est une jolie langue (si si pour de vrai). Et c’est un pays qui émerveille tellement, il y a une harmonie parfaite entre traditions et modernité. Puisque je pensais Japon sans cesse et que ça devenait une véritable passion, j’ai décidé de faire une école de commerce internationale pour me donner toutes les chances de travailler en lien avec ce pays. Quoi de mieux que de former un projet professionnel qui allie passion et travail ?

Les démarches administratives

Concernant le visa, j’ai obtenu un certificate of elligibility pour une durée d’un an et trois mois. C’est l’école partenaire au Japon qui s’est occupée de toutes les démarches, il m’aura seulement fallu remplir un document au Consulat et payer une semaine après, une vingtaine d’euros afin que l’on me délivre le « St Graal ».

Le coût de la vie

Le coût de la vie au Japon (du moins à Osaka) est, je dirais, similaire à celui en France. Le logement me coûte aux alentours de 430-450€ charges incluses et il s’agit d’un appartement de 18m² tout équipé avec internet + balcon. Les transports en train sont un peu chers, cependant certains biens de la vie courante sont plus abordables qu’en France. Seuls les fruits et légumes sont hors de prix : Une quinzaine d’euros le melon, presque 1€ la tomate, 1€ la pomme, 3-4 pommes de terres pour 3-4 euros autant dire qu’il ne faut pas être végétarien !

Une étudiante française au Japon

Les différences culturelles

Les différences scolaires constatées entre le système japonais et français : c’est difficile à dire. Je suis dans une école qui reçoit des étudiants étrangers donc on ne voit pas de grandes différences entre les deux systèmes. Les notations sont comme chez nous (des examens en fin de semestre sous forme de crédit), cependant une partie de la note comprend également les interrogations, ou rapports rendus au cours de l’année mais surtout la présence en cours. Pour chacune de mes matières la présence en cours est très importante, chaque absence entraîne une perte de point, voire même l’échec de la matière s’il y a trop d’absences (et ça sans même avoir passé l’examen final).

Il n’y a pas de réelle difficulté à s’intégrer, je suis dans une école qui reçoit des étudiants étrangers donc les esprits sont ouverts à de nouvelles rencontres. Cependant s’intégrer peut être difficile parfois car les japonais ne parlent pas ou très peu anglais, donc la principale barrière serait la langue. Dans d’autres cas, elle peut aussi être un facteur de rencontre car certains japonais veulent échanger avec des étrangers afin d’améliorer ou de pratiquer leur anglais.

Les japonais sont accueillants mais assez timides et réservés. S’ils voient que vous faites l’effort de vous intégrer, de pratiquer leur langue, cela peut conduire à des rencontres très enrichissantes ! Il est également nécessaire de savoir qu’il s’agit d’une culture différente et qu’ils ne diront jamais tout haut ce qu’il pense (comme en Europe) ou ils ne diront jamais quoique ce soit qui puisse vous contrarier, c’est dans leur culture du respect.

Une étudiante française au Japon

Une journée type au Japon

Je dirai comme une journée routinière en France lorsque l’on est en cours, après il y a de nombreuses possibilités et de choses à faire. Pour ma part, je vais en cours, je reste le midi à l’université pour manger avec des amis puis je file au sport, je rentre il est déjà 19h et j’étudie mon japonais, puis je vais voir une heure ou deux des amis. Déprimant un peu me diriez-vous ? Seulement j’ai pour réel objectif d’améliorer mon Japonais, donc je travaille énormément. Pour sortir, faire la fête, faire du shopping, des activités, des visites, un repas entre amis, il y a les week-ends et les vacances scolaires ! Lors d’une journée de cours, il est difficile de faire des visites ou d’aller se balader.

Jusqu’à présent, je n’ai pas eu le temps de beaucoup voyager (cours oblige !), je suis allée à Kyoto, Osaka et Kobe. Deux mois de pur voyage entre amis sont planifiés lors des grandes vacances scolaires en février-mars.

Les conseils que je donnerais aux étudiants

Il y a certaines choses qui sont totalement différentes au Japon par rapport à l’Europe du fait de la différence de culture. Il est souhaitable d’en savoir un peu avant de partir, ça permettra de faire les choses bien et de ne pas faire de faux pas. C’est un point essentiel lorsque l’on veut s’intégrer au pays, à cette nouvelle culture, et que l’on veut vivre une expérience humaine profonde. Comprendre l’autre et s’adapter à sa culture, et non pas l’inverse.

Je pense que pour vivre au Japon, il faut un minimum aimer la culture du pays et être ouvert d’esprit. Je rajouterais également qu’il faut connaitre quelques mots basiques de japonais…

Bilan de mon début d’expérience

Même si je n’ai pas encore bien eu l’occasion de voyager à l’intérieur du pays et que je connais très peu ce pays, je l’adore. C’est un pays qui a tant à offrir, c’est tellement différent de ce que l’on connait (parfois non dû fait de la mondialisation), c’est dépaysant et on a l’impression de faire un vrai voyage. On fait des rencontres magiques, on vit des moments inoubliables. Puis sur un an on se fait de nouveaux amis, de nouvelles habitudes, une nouvelle vie, ça sera dur de quitter tout ça à la fin de l’année prochaine. Et surtout, j’ai l’impression de vivre ma vie pleinement car je suis là où j’ai toujours voulu être, et que c’est mon rêve qui se réalise.

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